Nouvelle-Zélande 2005 (2750 km) acheter le livre

Journée ventée en Nouvelle-Zélande

Gisborne - Wairoa photos de cette étape

le 17/09/2005

  • nombre de km prévus : 70
  • nombre km effectifs : 98
  • temps prévu : 3h30
  • temps effectif : 6h30
Gwens holiday pix 245Gwens holiday pix 246Gwens holiday pix 248Gwens holiday pix 249Gwens holiday pix 250Gwens holiday pix 251Gwens holiday pix 254Gwens holiday pix 267

Journée ventée en Nouvelle-Zélande

Journée de repos à Gisborne

Ce matin, j'ai le plaisir de me lever avant tout le monde... En effet, Gisborne est la première ville du monde à voir le soleil... La Nouvelle-Zélande, le bout du monde ? Plus que jamais ! Mais ma journée ne commence qu'à 9h00, pour la première interview radio. Puis à 10h00, je rencontre les journalistes de Gisborne Herald, le journal local, puis le président du Rotary club de Gisborne dans la foulée. Il me donne un précieux conseil, en me donnant l'adresse d'un vignoble biologique du coin. Il parait que la dégustation vaut le détour ! Malheureusement, je n'aurai certainement pas l'occasion de m'arrêter, mais je prends quand même note! Après ceci, je file actualiser le site internet, ce qui me prendra plus de 2 heures... Me voilà enfin dégagé de toutes mes obligations à 13h00 ! Je fais alors un petit tour sur la colline surplombant Gisborne, pour m'offrir un panorama remarquable sur la ville et la grande plage où Cook mis les pieds pour la première fois en Nouvelle-Zélande. Puis je redescends pour admirer l'enorme Marae, le plus grand de Nouvelle- Zélande... Impressionnant, ces batiments me plaisent beaucoup. Ils sont les traces les plus visibles de l'empreinte maorie. Je n'irai pas à l'interieur, il est privé...

Enfin, je rentre au backpacker à 15h00 pour mon déjeuner. Ici je discute avec Caroline, que j'ai eu le plaisir de rencontrer ici hier soir. Elle est Australienne, mais nous vient tout droit de l'Amérique du Sud où elle vient de passer 2 années, dont une à pédaler... Elle a alors pas moins de 11000 kilomètres dans les mollets ! Et elle continue son voyage ici, en Nouvelle-Zélande, avant de repartir chez elle en Australie. Elle a des yeux magnifiques, les mêmes yeux que Christophe Vuillot, qui fait un tour du monde à vélo (http://www.melodyssee.net) et que j'ai eu le plaisir de rencontrer à Auckland deux semaines avant mon départ. Des yeux remplis de fatigue et de bonheur mélés, des yeux qui vous sourient à chaque regard et qui vous racontent toutes les beautés vues, les personnes rencontrées... Et dans ces rencontres, il y a justement Christophe ! Alors qu'il était en train de réparer une crevaison en Argentine, Caroline passait par là à vélo. Elle s'est arrêté et ils ont discuté une heure ensemble, avant qu'elle ne reprenne la route. Que le monde est petit ! Cela fait partie des joies du voyage à vélo : les rencontres que cela vous apporte ! Magnifique ! Caroline descend à Wellington. Nous avons prévu le même itinéraire. Nous continuerons notre route ensemble pour les prochains jours !

Journée ventée !

Nous décollons du Backpaker à 8h00 ce matin. Je remercie une dernière fois mes hôtes pour le lit et les diners. J'ai encore eu droit à un accueil digne des kiwis ! Le debut d'étape se déroule plutôt bien, dans une longue plaine de plus de 20 kilomètres. Puis se dessinent les premières collines, et le vent semble vouloir être de la partie... Alors que nous avons déjà fait 50 kilomètres, c'est un vent violent qui m'oblige à mettre pied à terre en pleine montée. Et même à pied j'éprouve encore des difficultés à pousser le vélo... Dure dure la marche à pied dans ce pays ! Un vent d'une rare violence nous fait front. Arrivé au sommet, épuisé, je retrouve Caroline qui m'attend en profitant de la vue sublime. Elle qui n'a jamais posé le pied durant ses 11000 kilomètres en Amérique du Sud, elle a dû elle aussi descendre de son vélo pour pouvoir avancer. Il lui faut venir ici pour se mettre à la marche à pied ! D'un côté, cela me rassure, le problème ne vient donc pas de moi !

Malgrè le vent, nous continuons notre parcours, acharnés que nous sommes. Nous progressons dans un paradis vert, soupoudré de brebis rendues obèses par cette herbe grasse. Le vert des prairies tranche d'une façon surprenante avec le bleu parfait du ciel ou de l'océan parfois. Un vrai régal !

Arrivés à Nuhaka, il ne nous reste plus que 36 kilomètres avant d'arriver à Wairoa. C'est alors que nous changeons de cap, direction plein ouest. Ce changement de cap signe le début d'une longue galère ! Le vent nous arrive de pleine face maintenant. Alors que nous sommes dans une plaine plate comme la table, nous progressons difficilement à 12 km/h... Nous nous relayons pour affronter le pire ennemi du cyclotouriste. A voir la tête de certains arbres, ce n'est pas la première fois qu'il vente ici ! Nous nous relayons pour affronter ce vent violent qui nous repousse de toutes ses forces. La météo avait annoncé un vent de 70 km/h. POur une fois, ils ne se sont pas trompés ! Ce vent me démoralise, mais Caroline a un moral d'enfer du haut de ses 47 ans (eh oui, l'expérience !). Elle me force à rester sur mon vélo alors que je souhaite me reposer. "Keep going, keep going". Elle m'apporte bien plus qu'une aide physique en passant des relais, c'est un soutien moral, une aide phénoménale que j'ai trouvé là. Une perle rare en cette plaine ventée ! Sur la route, un journaliste de Wairoa Star (journal local) nous double et fait demi tour un peu plus loin
- Is it you who ride for blood winners ?
- Yes yes yes
- Can I take some pictures of you ?
Il en profitera aussi pour interviewer Caroline, qui lui explique comment elle s'est fait voler son vélo et toutes ses affaires au Paraguay, comment elle a dû se débrouiller sans carte de crédit en Argentine et comment elle a acheté son nouveau vélo au Chili ! Belle et longue histoire ! On sera dans le journal Mardi.

Un peu plus loin, on a dû essuyer une attaque de mouettes voulant protéger leurs nids (avec ce vent, même les mouettes ont peur de voir s'envoler les cyclotouristes !). Pour ceux qui se posent encore la question de l'utilité du casque, voici encore un bon exemple. Cela est très utile pour se protéger des attaques aérienens de mères très protectrices !

Finalement, après 3 heures de lutte acharnée contre le vent, nous arrivons au bout de ces 36 kilomètres... 12 km/h de moyenne sur une plaine qui mériterait d'être parcourue à 30 km/h... Un calvaire ! Pour vous donner une idée, il y a deux ans j'avais grimpé les 33 kilomètres du col de la croix de Fer, dans les Alpes françaises, en deux petites heures... Pour la même distance, nous avons mis une heure de plus... Voici comment la puissance du vent transforme une plaine plate comme la table en col hors catégorie...

Nous arrivons à Wairoa complètement lessivés, ce qui nous fait apprécier une bonne bière bien fraîche ! Celle-là, on ne l'a pas volée ! On boit à la santé de cette dure journée, la plus dure depuis mon départ d'Auckland. Je rejoins ensuite Betty et John du Rotary club de Wairoa, alors que Caroline à d'autres plans pour la soirée. Nous nous retrouverons demain à 8h00 pour une nouvelle étape en binôme.

Arrivés chez eux, Betty et John m'accueillent avec du fromage, du pain et du vin blanc. Que voulez vous de mieux ?! J'en profite pour dire que le fromage néo-zélandais est loin d'être mauvais ! (si l'on ne prend pas en compte ces gros blocs de 1 kilo, qu'il est difficile de qualifier de "fromage"). Je vous conseillerai le bleu, qui est succulent ! Petit problème, il est très cher...! (toujours le même problème !!). Nous discutons un moment avec ces deux kiwis très agréables. Puis ils me laissent en compagnie de leur fille EliZabeth et de son fils Matthew. Ce soir, c'est soir d'élection gouvernementale en Nouvelle-Zélande, ils leur faut suivre ça de très près ! Je passe donc la fin de soirée avec EliZabeth et Matthew autour d'un merveilleux dîner, puis m'éclipse discrêtement pour une nuit bien méritée. Demain est un autre jour, qui s'annonce aussi difficile qu'aujourd'hui...

 


 
Commandez le livre relatant cette aventure
dans notre boutique.

Voyage du bout du monde, 2700 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2006.

Prix public : 14 euros.
couverture_nz.jpg