De l'Auvergne à la Nouvelle-Zélande 2010 (18000 km)

Welcome in Iran !

Serou - Takab photos de cette étape

du 01/11/2010 au 06/11/2010

  • nombre de km prévus : 400
  • nombre km effectifs : 388
  • temps prévu : Du 1er au 6 novembre
  • temps effectif : 22 heures
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Welcome in Iran !

Nous nous sommes reposés une petite dizaine de jours avant de reprendre la route. Ce repos était nécessaire, après près de 6000 kilomètres parcourus depuis notre départ de Nadaillat. Durant ces dix jours, nous avons fait une rapide excursion à Trabzon, où nous avons obtenu notre visa iranien en une petite heure, le temps pour nous de faire l'aller-retour entre le consulat iranien et la banque. Pour 75 euros par tête, nous avons notre billet d'entrée pour l'Iran.
Nous avons été accueilis ici par le rotary club, et en avons profité pour présenter notre action devant 500 étudiants, les motivant à aller donner leur sang.

A Van, nous retrouvons nos hôtes, amis de rotariens de Diyarbakir. Gilem parle un anglais hésitant ce qui nous vaut à tous de grands fous rires. Nous la quittons finalement pour prendre le bus. Nous sommes le 31 octobre. Jusqu'à ce soir minuit perdure un cessez le feu entre l'armée turque et le PKK (parti indépendantiste kurde). Selon ce que le gouvernement décidera sur le sort des kurdes, il est possible que des affrontements renaissent dans cette région de Turquie. Nous traversons donc une zone fortement militarisée, où 13000 hommes sont déployés. Arnaud a également opté pour le bus, tout comme deux cyclovoyageurs kiwis qui en terminent bientôt avec plus d'un an de voyage à vélo. C'est à Yuksekova que nous descendons du bus, accompagnés d' Arnaud. Dès la sortie de la ville, des militaires contrôlent nos passeports en nous avertissant que la région est très dangereuse.
Beaucoup de kurdes n'apprécient pas forcément les actions du PKK, nationalistes et militaires. Cela dit, les kurdes ont été oubliés par les derniers gouvernements, et la seule chose qui les différencie des autres turcs, c'est leur pauvreté. Alors ils revendiquent leru droit, en tant que citoyens turcs, pour pouvoir eux aussi bénéficier des investissements du gouvernement. Un turc rencontré dans le bus nous dit que les choses changent et espère que cette région se développe au même rythme que le reste du pays. En tous les cas beaucoup de turcs nous mettaient en garde de la dangerosité de la région kurde. Pourtant, nous avons été accueilis ici avec la même spontanéité et générosité que dans le reste de la Turquie. Au Kurdistan ou en Turquie, le thé est le même et est offert au voyageurs avec le même sourire.

Nous buvons justementn otre dernier thé à la frontière, offert par un oficier. Puis nous faisons tamponer nos passeports par les officiers iraniens, sans autre forme de procès si ce n'est que Marion est maintenant coiffée d'un voile noir pour couvrir ses cheveux blonds. Il fait nuit lorsque nous passons la frontière, et le premier iranien alpagué nous invite chez lui. Frigorifiés, nous acceptons sans nous soucier de savoir s'il s'agit d'un tarof (il convient de refuser plusieurs fois une invitation pour savoir si c'en est vraiment une ou non).

Comme en Turquie, nous sommes accueillis par les iraniens avec beaucoup de générosité. Ils nous offrent leur repas en s'excusant de ne pas avoir plus de nourriture. Ce sera la même chose deux jours plus tard où nous serons accueillis dans un café restaurant. Nous avançons rapidement longeant dans un premier temps le lac d'Orumieh. Puis la route s'élève franchement après trois jours de plaine, avant de resdescendre à 1700 mètres d'altitude autour de Takab. Là, nous bifurquons dans une vallée où dorment vergers et villages. Ces derniers se confondent parfaitement avec la montagne alentour très aride. Les maisons aux murs en pierre et terre forment une masse à peine persceptible; Sur leurs toits plats sont dressés des tas de foins qui permettront de nourrir les animaux durant l'hiver. Le temps des récoltes est passé, et nous ne voyons pas ce que les terres labourées que nous voyons ont fait pousser. Mais on imagine très bien des petits carrés de céréales et surement aussi de vastes potagers.
Un cône volcanique indique la fin de l'étape. A son sommet, on découvre un cratère parfaitement vertical de plus de 80 mètres de profondeur. Ici logeait, jadis, un lac, et il ne reste plus qu'une forte odeur de soufre. Takht e Soleyman, un site classé à l'Unesco, se trouve non loin de là, à moins de 3 kilomètres. Une cuvette de formation volcanique domine la vallée. En son centre, nous pouvons admirer un lac d'un bleu limpide, et autour des vestiges d'une cité du IIIe siècle apres JC. Ce ne sont plus que des urs qui tentent tant bien que mal de résister à la pesanteur, bien aidés par quelques béquilels en bois et des échaffaudages.

Il est moralement difficile de parcourir un itinéraire en sens inverse, d'autant plus lorsque la distance dépasse les 40 kilomètres et le dénivelé approche 1000 mètres. C'est pourquoi nous accostons un groupe de touristes anglophones. Leur bus nous paraît tout à fait apte à accueillir nos vélos. Une heure plus tard nous somems à Takab, soulagé par cette aide inespérée. Nous nous réfugions dans le même hotel qu' Arnaud, Julie et Thomas, retrouvés pour l'occasion.

Cela fait donc une petite semaine que nous sommes en Iran. Nous découvrons un pays magnifiquement montagneux et accueillant. Seul point négatif jusque là, la circulation terrifiante. Nous étions habitués aux routes turques, désertées par les automobilistes du fait du prix de l'essence très élevé. Ici, les iraniens peuvent conduire avec de l'essence acheté 10 centimes le litre. Même si leurs voitures peuvent consommer jusqu'à 15 ou 20 litres par 100 kilomètres, cela ne leur empêche pas d'avaler le goudron avec fureur, sans se soucier de quiconque. Ils semblent vouer une grande passion pour doubler, d'autant plus si la route est sinueuse et si des voitures arrivent en face. En revanche, on se plait à voir de nombreuses voiture peugeot, et notamment des peugeot 405. 

Nous poursuivons notre route vers le sud, vers le soleil. Les nuits sont très fraiches (3°C dans la tente lorsque nosu nosu levons à 7h00 du matin) et les journées très ensoleillées. En réalité, nous souffrons jusque là plus de la chaleur que du froid, étant donné que nous devons avoir jambes et bras couverts. Nous avons donc profité de notre arrêt dans cette ville pour nous acheter quelques vêtements appropriés. Pour moi ce fut un pantalon et une chemise légère ; pour Marion une belle tunique noire qui lui recouvre les fesses, pour cacher ses formes. Imaginez qu'après 6000 kilomètres à vélo, il est indescent de montrer telle morphologie dnas les rues iraniennes.

A bientot pour d'autres nouvelles persanes.

Julien

Si Julien plaisante de ma tenue vestimentaire, ce n'est pas drôle tous les jours pour moi. Il y a d'abord ce voile sur la tête que j'ai envie d'enlever à chaque instant ! De plus pédaler en pantalon et manches longues noires est un vrai supplice en ces journée bien ensoleillées. Tous les regards semblent tournés vers moi. Celui des femmes souvent envieux mais parfois moralisateurs. Celui des hommes qui voient en toute occidentale une" fille facile" !
Ici il ne convient pas de parler à un homme, de le regarder ou de rester seule avec lui. Il m'a fallu quelques jours pour intégrer ça...aussi j'ai eu quelques petits problèmes les premiers jours. Alors que nous étions accueillis dans le restaurant, l'homme nous parlait à tous les deux sans distinction. Je ne me suis donc pas méfiée et lorsque Julien est sorti pour aller aux toilettes, celui-ci en a profité pour laisser balader ses mains. Moralité : j'accompagne Julien partout !!!
Au bout de quatre mois de voyage, le premier réel choc des cultures a lieu et c'est pour l'instant assez difficile à vivre pour moi...Mais la beauté des paysages iraniens en vaut le coût alors soit, va pour le voile, le pantalon et la tunique noire !

Marion




Le livre

Que vous soyez cyclotouriste, voyageur ou sédentaire ouvert sur le monde, il y a mille et une raisons de vous réjouir de la lecture de ces Nouvelles Vagabondes.
Après plusieurs voyages en solitaire, Julien Leblay nous livre cette fois-ci le récit de son périple avec sa compagne Marion. Ne voulant se contenter de décrire le quotidien de leur voyage, il s’engage et se place résolument loin des clichés pour nous livrer avec sincérité ses impressions, que ce soit sur la vie du couple en voyage, ses préoccupations écologiques ou sur les traits culturels ou sociologiques des pays traversés.
Ce livre ne laisse pas indifférent et bouscule nos représentations exotiques du monde ; à sa lecture on découvre, on s’indigne et on s’émerveille tour à tour. Dans un style à la fois personnel et documenté, il nous offre une immersion complète, sans langue de bois, dans son voyage à vélo en couple. Il réussit finalement le pari de dresser un tableau contrasté et nuancé de cette longue aventure cyclotouriste qui ne sera probablement pas la dernière !

Cécile R.

352 pages dont 16 en couleur
Prix de vente : 20 euros

Disponible sur http://goodaventure.com

Le DVD

Julien et Marion Leblay quittent l'Auvergne en juillet 2010 pour une aventure de 22.000 kilomètres à vélo. Portés par le désir de découvertes et de rencontres, mais aussi par celui de promouvoir le don du sang, ils traversent l'ex-Yougoslavie, la Turquie, l'Iran, l'Inde, l'Asie du Sud-Est et l'Australie pour finalement arriver en Nouvelle-Zélande vingt mois plus tard.
Savoureusement pimenté, ce voyage donne le "goût d'aventure" !

Durée : 84 minutes.
Prix de vente : 15 euros

Disponible sur http://goodaventure.com
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