Nouvelle-Zélande 2005 (2750 km) acheter le livre

Longue journée pluvieuse et ennuyeuse

Wellington - Palmerston North photos de cette étape

le 27/09/2005

  • nombre de km prévus : 143
  • nombre km effectifs : 150
  • temps prévu : 7h15
  • temps effectif : 8h30
DSC05481DSC05482DSC05484DSC05485DSC05487DSC05489DSC05495DSC05511

Longue journée pluvieuse et ennuyeuse

Journées de repos à Wellington

Arrivé à mi-parcours, j'ai pris le temps de visiter un peu Wellington, qui est la capitale de la Nouvelle-Zélande. Comme la Nouvelle-Zélande aime bien se démarquer chaque fois qu'elle le peut, alors sachez qu'il s'agit de la capitale la plus au sud du monde... Après la ville la plus à l'est (Gisborne), la Nouvelle-Zélande nous démontre une fois de plus qu'il s'agit d'un pays des extrêmes !

Comme je vous le disais, dimanche se tenait le championnat du monde de course de montagne. J'ai donc grimpé sur le Mont Victoria où se tenait la course pour voir ça de plus près. Nous avons eu droit à un magnifique soleil sur la ville ce qui a rendu cette journée très agréable. Cette course est impressionnante ! Le principe consiste à bouffer des côtes ! Les coureurs ont un circuit qu'ils font deux ou trois fois (trois fois pour les élites mecs, et deux fois pour les jeunes et les femmes). Ils gravissent une énorme montée à travers bois, puis la redescendent à toute vitesse. Dans la montée, les premiers courent avec aisance, alors que, derrière, certains sont à la marche, et s'aident des mains parfois. Impressionnant donc !

C'est un kiwi qui a remporté la course des mecs, et une kiwi pour les femmes. En revanche, par équipe, c'est l'Italie qui l'emporte pour les hommes, je ne sais pas pour les femmes... J'ai discute un peu avec le staff de l'équipe de France. Très sympas, ils sont ici pour une petite semaine pour la compétition. Ils ont l'air de se faire plaisir, à voyager dans les quatre coins du monde pour les compétitions (Alaska, Malaisie, Nouvelle-Zélande cette année...). Ils semblaient cependant déçus de leur performance, la médaille par équipe est passée près. Mais, honnêtement, faut voir comme ça grimpe, c'est sacrement physique comme compétition !

Voilà comment j'ai passé ma journée de dimanche, sur le volcan du Mont Victoria qui était en pleine ébullition avec les deux victoires kiwis. Je suis retourné chez Chris et Pauline après cela pour une sieste bien méritée. Mine de rien, ça crève un peu le vélo !

Aujourd'hui, lundi, je suis allé au Musée Te Papa, qui est le musée le plus réputé de Nouvelle-Zélande. J'y étais déjà allé une fois lors de mon retour de l'île du sud, mais je voulais encore flâner un peu dans ce bâtiment pour mon tour à vélo. Ce musée est très spécial. D'ailleurs certains vous diront que ce n'est pas un musée ! En fait, il allie à la fois modernité, interactivité et culture du pays. Personnellement, je le trouve très bien, car accessible pour tous, petits comme grands. Vous trouvez aux étages inférieurs une partie très interactive où les enfants peuvent jouer tout en apprenant sur la nature, l'histoire, la géologie... C'est au quatrième étage que vous découvrez toute la partie réservée à la culture maorie. C'est la partie que je préfère. Il y a beaucoup de petits films qui vous expliquent l'histoire de la confrontation Maorie-Pakehas. J'ai donc appris un peu plus encore. Il s'avère que beaucoup de terres ont été soi-disant vendues aux Pakehas, pour une bouchée de pain. Mais ces ventes s'avèrent être très malhonnêtes et pas du tout approuvées par les maories. C'est de là qu'en partie viennent les problèmes actuels liès aux maories et à leur terre.

Sur le même étage vous pouvez découvrir une petite partie consacrée aux brebis et à la laine. Vous pouvez aussi faire connaissance avec l'art néo-zélandais. Je vous aie pris quelques photos. N'y connaissant strictement rien à l'art, je ne ferai pas de commentaires !

Je ne suis pas resté très longtemps dans ce musée, qui mérite largement un après-midi, voir une journée (à consommer sans modération vue que l'entrée est gratuite, ce qui est rare en Nouvelle-Zélande !). Je suis donc allé prendre l'air pour aller planter ma tente sur une petite butte... Quelle idée ! C'était pour le photographe d'un journal local. Marrant de planter sa tente en pleine ville ! Ca paraîtra demain dans le journal. En avant première les photos !

A propos de communication, je vous laisse visiter ces deux liens, qui sont deux articles. Vous en profitez comme cela pour avoir deux sites Internet de journaux. Stuff.co.nz est celui à retenir, puisque sur ce site Internet vous trouverez les liens vers différents journaux. Bonne lecture !

http://www.stuff.co.nz/stuff/0,2106,3401867a7144,00.html
http://www.gisborneherald.co.nz/article.asp?aid=2255&iid=214&sud=27

Et puis j'ai continue mon après-midi par une petite balade le long de la mer, très agréable malgré les nuages. Peut-être pleuvra-t-il demain... Ma visite de Wellington a été très limitée donc, mais c'était très agréable. Je me rends compte que je suis très fatigué, et j'ai voulu prendre un peu de temps pour moi. Je visite assez sur mon vélo pour me permettre un peu de repos dans les villes !

Demain donc je reprends mon vélo. Je dois rejoindre Palmerston North, à 140 kilomètres de là... Si le vent m'est favorable, ça devrait aller. Sinon je m'arrêterai à Levin. Le parcours sera très plat, excepté les 30 premiers kilomètres. La suite s'annonce magnifique, surtout à partir de Wanganui. Je retrouverai Tina (amie allemande rencontrée à Auckland) à Pipiriki. Nous roulerons ensuite pendant 5 jours ensemble, jusqu'à Taumaranui. Puis j'irai à Taupo, peut-être Rotorua, pour enfin revenir à Auckland. Nous n'avons vu que la moitié de l'île du Nord, alors allons visiter le reste ! Je suis très impatient de découvrir tout cela, et suis persuadé que cette deuxième moitié de parcours sera largement aussi belle que la première moitie.

Je vous dis à bientôt donc !

Julien

PS : les dernières photos, c'est des peintures faites par des élèves des différentes écoles de Wellington où ils ont dessiné la ville selon eux. Ca se trouve juste derrière le musée, c'est sympa le regard des enfants !

Etape 17, c'est reparti !

J'ai retrouvé mon vélo ce matin à 7 heures, après avoir remercié une dernière fois Chris et Pauline pour leur hospitalité. C'était sympa de passer trois jours avec eux. Ils apprennent le français car voudraient venir travailler en France (l'an prochain), alors nos discussions étaient mi-français, mi-anglais pendant ce long week-end. Je leur donne rendez-vous en Auvergne dans un an donc, pour qu'ils puissent découvrir la "Nouvelle-Zélande française "!

Sortir de Wellington à vélo n'est pas très simple car il est interdit d'utiliser la route numéro 1 sur les premiers kilomètres. Mais Chris m'a très bien indiqué la route, et je quitte donc la capitale néo-zélandaise par les collines. C'est l'occasion pour moi de me rendre compte que le repos a été très réparateur. J'ai de très bonnes jambes et aucune douleur au genou. Je grimpe les quelques côtes avec grande facilité, alors que j'aurai eu beaucoup de mal en début de Tour. On m'avait promis une belle vue au sommet de quelques côtes. Mais les nuages ne me permettront pas d'apprécier le panorama.

Après quelques kilomètres, je rejoins la route principale numéro 1. Je redoute cette étape car je dois faire de nombreux kilomètres sur cette route, qui est la route la plus importante de Nouvelle-Zélande. Route où l'on peut voir sur les bas-côtés de nombreux bouquets de fleur ; le genre de fleur que l'on ne veut pas cueillir... On voit aussi beaucoup de ces panneaux carrés jaunes avec un vélo au milieu. Je n'aime pas ces panneaux. Cela veut dire qu'il y a beaucoup de circulation et peu de place pour les cyclistes. On les retrouve généralement quelques mètres avant un pont. Mais je n'ai pas d'autres choix que d'emprunter cette route. Alors que les buttes me protégeaient du vent, je me retrouve à découvert et c'est un vent de face violent qui tente de me repousser vers la capitale. Wellington est communément appelée "Windy Wellington" (Welington ventée). Mais je pensais que le vent du sud, qui nous a fait face Caroline et moi pendant de nombreux kilomètres pour venir à Wellington, m'aurait aidé à rejoindre Palmerston North. Mais pas du tout ! Sur la côte ouest, le vent nous vient du nord autour de Wellington, pour finalement venir de l'ouest un peu plus au nord.

Alors j'affronte ce vent jusqu'à environ 30 kilomètres, roulant péniblement à 10 km/h... Je repense à Caroline qui me disait que dans ces cas là, il faut rester coûte que coûte sur le vélo. "Si tu t'arrête, c'est fichu ; chaque kilomètre que tu fait te rend plus fort pour les prochains". Alors je me tiens férocement à ses conseils et à mon guidon, mais je me dis que je n'arriverai jamais jusqu'à Levin si ce vent est aussi fort toute la journée. Mais il cède peu à peu la place à la pluie. Alors que je m'arrête pour m'équiper contre la pluie (pantalon K-way plus bottes en caoutchouc), je rencontre une marcheuse qui me dit que le vent va se calmer un peu plus loin, ce qui est vrai. Me voilà donc seul avec la pluie cette fois-ci ! La pluie n'est pas vraiment un problème, même si aujourd'hui elle est assez forte. Le plus important est de ne pas s'arrêter de pédaler pour ne pas avoir froid. Alors je pédale à une allure plus soutenue que le début d'étape, attendant que la pluie ne cesse (pédaler est un bon moyen pour patienter !). Je longe la cote sur une portion de route très dangereuse. Par bonheur un espace pour les cyclistes a été aménagé sur le trottoir le long de la mer (eh oui, j'ai quitté l'océan pour retrouver la mer de Tasman !). Cette route doit sûrement être très belle sous le soleil. Mais la forte pluie m'oblige à garder le nez dans le guidon, et les morceaux de verre à regarder attentivement le bitume qui se profile.

Finalement, c'est au kilomètre 60 que la pluie s'arrête. Il était temps, la faim me gagne ! L'après-midi ne sera pas très passionnante. Je traverse une grande plaine, longée par la chaîne de montagnes dont j'ai déjà vu l'autre versant en venant à Wellington. Alors que les paysages autour de Wairoa étaient très beaux malgré la pluie, aujourd'hui je vous dirai que cette montagne est plus jolie sous le soleil que sous la pluie. Ceci est peut-être dû au fait que je roule sur cette grande route, et que je n'entends rien d'autre que les voitures qui me doublent où que je croise, et les camions qui me frôlent. J'ai d'ailleurs eu ma première grosse frayeur avec un camion aujourd’hui, qui m'a balancé contre un plot de l'équivalent de la DDE. Il avait juste à attendre 20 mètres pour avoir plus de place pour me doubler, mais non, c'est mieux de mettre les cyclistes hors de la route pour se laisser de la place. Dans ces cas là, je relativise mon chargement en me disant que, finalement, je suis bien léger ! Jusque là, tout s'est bien passé avec les automobilistes et camions, beaucoup mieux que ce que je craignais avant de partir. Les gens font relativement bien attention, et j'ai souvent droit à des gestes amicaux. Mais aujourd’hui, ce fichu camion a roulé comme si je n'étais pas sur la route, et c'est le genre de truc qui me met hors de moi.

J'arrive à un croisement m'indiquant à droite comme à gauche la route pour aller jusqu'à Palmerston North. Voyant que toutes les voitures empruntent la route de gauche, je pars à droite. Je ne suis pas sûr d'avoir fait le bon choix ! C'est un parcours casse-pattes qui se dessine maintenant, avec une succession de montées descentes comme je les déteste ! Et la pluie se met de nouveau dans la partie. J'ai déjà plus de 120 kilomètres dans les pattes, la fin s'annonce difficile ! Finalement, j'arrive à Palmerston North, un peu bouffé par les crampes. C'est donc après 150 kilomètres et 8h30 de vélo que je retrouve Colins, Christine et leurs enfants qui m'ont invité chez eux pour mon court séjour ici. C'est une famille de cyclistes. Colins vient de faire une course de 1200 kilomètres aux Etats Unis pour apporter des fonds à l'association "Heart Children NZ". Une magnifique cause aussi, et une très dure course, où il a terminé 11ème sur 71 concurrents. Chapeau ! Il prépare aussi la course K2 (dont je vous ait déjà parlé dans le Coromandel). A ce propos, j'ai eu confirmation que c'est bien à cause de cela que j'ai eu mal au genou. Il m'a expliqué qu'une de ses amis, en vélo de route et sans bagage, n'avais pas réussi à grimper au sommet de la première grande montée, juste après Coromandel, et pourtant il s'agit d'un bon grimpeur...! Finalement je ne m'en suis pas trop mal sorti alors !

Demain c'est repos (oui je sais je n'en fait pas lourd ces derniers temps !) Colin a planifié une interview avec un journal local, et j'aurai peut-être une interview radio. Sinon, je me suis pesé hier. J'ai perdu 3 kilos depuis le départ. Tout va bien, c'est ce qui m'arrive généralement. Je ne pense pas perdre plus de poids d'ici la fin. A mon retour en France, je m'attends donc à gagner entre 6 et 8 kilos ! J'ai hâte !

La suite du parcours s'annonce sans accès facile à internet. Il vous faudra donc attendre quelques jours avant d'avoir les prochains résumés. Avec toutes mes excuses ! J'espère pouvoir en écrire à New Plymouth. Mais je vais rouler non stop maintenant jusqu'à ... Rotorua (si j'y retourne) ou Taupo (si je ne vais pas à Rotorua)... Ouh là là, ça s'annonce difficile ! J'essaye de faire de mon mieux pour vous à New Plymouth !

A bientôt

Julien

PS : vous remarquerez sur les photos deux choses. J'ai croisé des vaches bizarres, noir devant et derrière avec une bande blanche au milieu... C'est la première fois que j'en vois des comme ça... Sinon vous remarquerez aussi que certains arbres sont en fleurs ; c'est le printemps !!

PS2 : à propos du climat en NZ, je vous invite à visiter ce site internet. J'ai pas eu trop le temps de fouiller, mais il m'a l'air intéressant : http://www.niwascience.co.nz/ncc/mapping et je vous ait mit une carte des vents dominants de Nouvelle Zelande a la fin. Avec ca, vous avez tout.
 


 
Commandez le livre relatant cette aventure
dans notre boutique.

Voyage du bout du monde, 2700 kilomètres à vélo pour le don du sang, Julien Leblay, 2006.

Prix public : 14 euros.
couverture_nz.jpg